LA NUTRITION PEUT-ELLE AIDER À PROTÉGER NOTRE CERVEAU ?
Prévenir et accompagner les maladies neurodégénératives
Parkinson, Alzheimer, troubles de la mémoire… Avec l’âge, les maladies qui touchent le cerveau deviennent plus fréquentes.
Une question revient alors souvent :
L'alimentation, un allié pour la santé cérébrale
La réponse est oui, dans une certaine mesure.
L’alimentation ne peut pas guérir une maladie neurodégénérative. En revanche, une alimentation équilibrée peut contribuer à maintenir le bon fonctionnement du cerveau, préserver la santé cardiovasculaire et limiter certains facteurs de risque.
Pourquoi l’alimentation joue-t-elle un rôle ?
Notre cerveau a besoin de nombreux nutriments pour fonctionner correctement.
Il est également sensible à différents facteurs comme :
- L’inflammation chronique ;
- Le stress oxydatif ;
- Les troubles cardiovasculaires ;
- Certaines carences nutritionnelles ;
- Les déséquilibres du microbiote intestinal.
L’objectif n’est donc pas de rechercher un aliment miracle, mais plutôt d’avoir une alimentation variée et équilibrée sur le long terme.
Le régime méditerranéen : un modèle intéressant
Le régime méditerranéen est aujourd’hui l’un des modèles alimentaires les plus étudiés pour la santé globale et la santé du cerveau.
Il privilégie :
- Les légumes et les fruits ;
- Les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots… ;
- Les céréales complètes ou peu raffinées ;
- L’huile d’olive ;
- Les noix et les graines ;
- Les poissons, notamment les poissons gras ;
- Une consommation modérée de viande ;
- Des aliments peu transformés.
L’Organisation mondiale de la Santé considère qu’une alimentation de type méditerranéen peut être recommandée chez les adultes afin de contribuer à réduire le risque de déclin cognitif et de démence.
Une grande analyse publiée en 2025, regroupant 45 études et plus de 730 000 participants, a également retrouvé une association entre une alimentation méditerranéenne et un risque plus faible de certaines maladies neurologiques, notamment Alzheimer et Parkinson.
:warning: Attention : une association ne signifie pas que le régime méditerranéen empêche à lui seul l’apparition de ces maladies.
Le régime MIND : une alimentation pensée pour le cerveau
Le régime MIND est particulièrement intéressant dans le domaine de la santé cérébrale.
Son nom vient de Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay.
Il combine les principes du régime méditerranéen et du régime DASH, une alimentation initialement développée pour aider à prévenir et réduire l’hypertension artérielle.
Le régime MIND met particulièrement en avant :
- Les fruits rouges
- Les légumes verts à feuilles
- Les noix
- L’huile d’olive
- Les poissons
- Les légumineuses
- Les céréales complètes
Une étude publiée en 2015 auprès de 960 personnes âgées a observé qu’une meilleure adhésion au régime MIND était associée à un déclin cognitif plus lent.
D’autres études vont également dans ce sens, même si les résultats ne sont pas toujours identiques.
Il est donc préférable de considérer le régime MIND comme une façon de manger favorable à la santé du cerveau, et non comme un « régime anti-Alzheimer ».
L'alimentation et la maladie de Parkinson
Dans Parkinson, l’alimentation a plusieurs objectifs.
Elle doit notamment permettre de :
- Maintenir la masse musculaire ;
- Éviter la perte de poids et la dénutrition ;
- Favoriser un bon transit ;
- Maintenir une bonne hydratation ;
- Apporter suffisamment de protéines et d’énergie ;
- Tenir compte des traitements prescrits.
Que disent les études ?
Une revue publiée en 2024 s’est intéressée au régime méditerranéen chez les personnes atteintes de Parkinson.
Les résultats sont encourageants : cette alimentation pourrait notamment être intéressante pour certains troubles digestifs et certaines fonctions cognitives.
En revanche, aucun effet clairement démontré sur les symptômes moteurs n’a été retrouvé. Des études supplémentaires sont nécessaires.
Une autre petite étude, menée auprès de 80 personnes atteintes de Parkinson, a observé qu’après 10 semaines d’alimentation méditerranéenne, certaines fonctions cognitives semblaient s’améliorer.
Ces résultats sont intéressants, mais l’étude étant relativement petite et courte, ils doivent encore être confirmés.
Nutriments intéressants pour le cerveau
Il n’existe pas de nutriment capable à lui seul de protéger contre Alzheimer ou Parkinson.
Mais certains nutriments sont particulièrement étudiés.
Les oméga-3
Le DHA, que l’on retrouve notamment dans les poissons gras, participe à la structure et au fonctionnement des cellules du cerveau.
On en trouve principalement dans :
- Les sardines ;
- Le maquereau ;
- Le hareng ;
- Les anchois ;
- Le saumon.
Les noix et les graines de lin apportent quant à elles un autre oméga-3 : l’ALA.
Les vitamines du groupe B
Les vitamines B6, B9 et B12 participent au bon fonctionnement du système nerveux.
Elles interviennent notamment dans le métabolisme de l’homocystéine, une substance naturellement produite par notre organisme.
Une carence en vitamine B12 peut notamment entraîner des troubles neurologiques. Il est donc important de rechercher et corriger une carence lorsqu’elle existe.
Les polyphénols, bienfaits et sources
Les polyphénols
Les polyphénols sont des substances naturelles présentes dans les végétaux.
On en trouve notamment dans :
- Les fruits rouges ;
- L’huile d’olive ;
- Le thé ;
- Le cacao ;
- Certaines épices ;
- Les herbes aromatiques.
Ils sont étudiés notamment pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.
Les épices et herbes aromatiques
Curcuma, gingembre, cannelle, thym, romarin, origan, basilic, persil…
Ces aliments apportent différents composés végétaux intéressants et permettent également de donner du goût aux plats tout en limitant l’utilisation du sel.
Mais attention : un aliment riche en antioxydants n’est pas un médicament.
Le microbiote : le lien entre l’intestin et le cerveau
Le microbiote intestinal est également un domaine de recherche très intéressant.
Notre intestin et notre cerveau communiquent en permanence. C’est ce que l’on appelle notamment l’axe intestin-cerveau.
Les chercheurs s’intéressent aujourd’hui au rôle possible du microbiote dans :
- L’inflammation ;
- La digestion ;
- Le transit ;
- Le fonctionnement du système nerveux.
Dans Parkinson, les troubles digestifs, notamment la constipation, sont fréquents.
Une revue publiée en 2024 suggère que l’alimentation méditerranéenne pourrait avoir des effets intéressants sur le microbiote et certains symptômes digestifs chez les personnes atteintes de Parkinson. Les résultats restent toutefois préliminaires et doivent être confirmés.
Il est encore trop tôt pour dire qu’une modification du microbiote permet de ralentir Parkinson.
Quels aliments limiter ?
Une alimentation favorable au cerveau ne consiste pas uniquement à ajouter des « super-aliments ».
Il est également intéressant de limiter :
- Les produits ultra-transformés ;
- Les excès de sucres ajoutés ;
- Les fritures fréquentes ;
- La charcuterie ;
- Les excès de graisses saturées ;
- L’alcool en excès.
L’objectif est surtout de privilégier des aliments simples, variés et peu transformés.
Et les compléments alimentaires ?
C’est un point important.
On trouve aujourd’hui de nombreux compléments présentés comme « protecteurs du cerveau » : oméga-3, curcumine, vitamines, magnésium, coenzyme Q10…
Certaines substances sont étudiées, mais les résultats obtenus en laboratoire ou dans certaines études ne signifient pas forcément qu’un complément permet de prévenir ou de ralentir une maladie neurodégénérative.
La priorité reste donc une bonne hygiène de vie :
- Alimentation équilibrée
- Activité physique
- Sommeil de qualité
- Santé cardiovasculaire
- Bonne hydratation
- Maintien de la masse musculaire
- Suivi médical
Quelle place pour la naturopathie ?
La naturopathie peut avoir une place dans l’accompagnement, toujours en complément du suivi médical.
Une consultation peut permettre de faire le point sur :
- L’alimentation ;
- Les apports en protéines et en énergie ;
- La digestion et le transit ;
- L’hydratation ;
- Le sommeil ;
- L’activité physique ;
- Les éventuelles carences à discuter avec le médecin ;
- Les habitudes de vie.
Dans Parkinson, il est également important de tenir compte des traitements prescrits, notamment lorsque la personne prend de la lévodopa, car l’alimentation peut parfois influencer son efficacité.
Toute modification du traitement ou de ses horaires de prise doit être discutée avec le médecin ou le pharmacien.
En conclusion
Oui, la nutrition peut contribuer à prendre soin de notre cerveau.
Les recherches sont particulièrement intéressantes autour des alimentations méditerranéenne et MIND, notamment pour la santé cognitive.
Pour Parkinson, les premiers résultats sont encourageants, notamment concernant certains troubles digestifs et certaines fonctions cognitives, mais la nutrition ne permet pas aujourd’hui de ralentir ou de guérir la maladie de manière démontrée.
L'essentiel est finalement assez simple :
Il ne s’agit pas de trouver l’aliment miracle, mais de nourrir son organisme correctement, jour après jour.
Une alimentation variée, riche en végétaux, en poissons, en bonnes huiles, en légumineuses, en noix et en aliments peu transformés constitue une excellente base pour prendre soin de sa santé… et de son cerveau.
